mercredi 26 août 2015

S'inscrire au conseil de l'ordre, faire une demande d'équivalence de diplôme, prendre une assurance professionnelle, faire un prêt pour m'acheter une voiture, récupérer ma caution.... Ma liste de choses à faire a pris un tournant bien sérieux. Je suis une fille à liste. Rien d'inhabituel donc à ce que je retrouve une To do liste datant de trois mois. Ce qui m'a frappé par contre, c'est le contenu de cette liste. Comment ai-je pu passer de "relire mon intro de mémoire" ou encore "rendre mon rapport de stage" à "faire un prêt de voiture" en trois mois? 

La vérité, c'est que ce n'est pas la sacro-sainte majorité, ce n'est pas non plus le petit papier rose du permis de conduire qui nous rendent adulte. Non, dans mon cas, c'est le diplôme. La fin de l'école ("Mais oui, mais oui, l'école est fini"; j'ai pas pu m'en empêcher, pardon!), c'est ça le véritable saut dans l'âge adulte. 

Le changement a été subtil, presque imperceptible. D'abord sur des petites choses. On est passés de mes parents qui me disent "on te le paiera à noel" à "tu te le paieras avec tes premiers salaires". Les préoccupations de mes parents qui me laissaient autrefois indifférentes sont aujourd'hui les miennes (Bye-bye les fournitures, je m'intéresse désormais à l’électroménager...). C'est aussi le moment où l'on ne grandit plus, mais on vieillit.  Mais surtout, c'est le moment où le mot avec un R majuscule se présente à soi. 

La Responsabilité. 

Fini le moment où je me dérobais à coup de "je vais demander à mon maître de stage" pour éviter les questions dérangeantes. Maintenant, ce sera moi le maître de stage. Fini aussi de se dire que papa-maman vont appeler l'assurance à ma place, ou s'occuper de mon changement de forfait (forfait qui n'est d'ailleurs plus au nom de mes parents...). Je suis devenue responsable de mes actes et de mes choix. Impossible de me cacher derrière d'autres personnes ou de vivre en mode pilote automatique, à suivre les choix de ceux qui m'entourent. Je l'avoue, j'aime me laisser porter. J'aime que mon dévoué monsieur BCC fasse mes itinéraires de bus parce que je n'ai pas le sens de l'orientation ou que mes parents décident si telle sortie rentre dans mon budget. 

Lorsque j'étais aux études, ça me rendait folle d'entendre mes parents dire "profites-en, ce sont les meilleures années de ta vie". Ça m'agace encore profondément (quiconque a connu mes études le comprendra!) parce que les études, c'est loin d'être le temps de l'insouciance avec cette peur de l'avenir qui vous pèse sur les épaules en permanence. Mais je comprends mieux cette phrase. 

Aujourd'hui, j'ai peur. J'ai peur parce que mon petit monde était pleins de limites: financières, géographiques ou morales. J'étais dans une sorte de prison dorée, une cage dont les murs sont tombés. Et maintenant, j'ai le vertige lorsque je vois toutes les possibilités qui s'offrent à moi, tous les chemins possibles. Les limites que l'on m'avait imposées ont disparu, il m'appartient aujourd'hui de fixer les miennes. Et maintenant, je reste avec toutes mes questions, des choix qui peuvent paraître insignifiants lorsque l'on a nos parents en filet de sécurité mais qui ont un réel impact maintenant. 

Mais tous ces choix signifient aussi que je vais enfin pouvoir me faire plaisir, vivre comme je l'entends, sans respecter des règles que l'on a pré-établit pour moi. Le début d'une nouvelle vie

J'ai peur mais je suis excitée comme jamais. 

Et vous alors, quand vous êtes-vous sentis adultes? 

A très bientôt!! 

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4 commentaires :

  1. Coucou Justine,

    Pour ma part, cela fait déjà bien longtemps que l'assurance de ma voiture est à mon nom, tout comme le forfait de mon téléphone...
    Je suis encore étudiante, mais mes parents m'ont obligée, assez tôt, à me gérer. Pas parce qu'ils ne voulaient pas m'aider, car en cas de questions, ils étaient toujours là. Si je n'avais pas les moyens de payer quelque chose, ils m'avancent. Mais parce qu'ils ont jugé nécessaire que je sois débrouillarde dès le plus jeune âge.
    En revanche, là où j'ai grandi, c'est lorsque j'ai commencé à avoir mon homme, il y a environ 5 ans, au même moment, j'ai été confrontée à la mort. Pas directement, mais deux camarades de classe sont décédés à 5 mois d'intervalle. Ca m'a fait un choc. J'ai fait fait un break dans mes études, et à ce moment-là, il y a eu un "avant" et un "après". J'ai finalement tout repris de zéro, et j'ai vraiment noté un décalage entre moi et les autres, surtout en BTS (car après, ça allait mieux). Je l'ai mal vécu, j'étais avec des gosses. J'ai aussi perdu mon grand-père à cette époque et depuis, ma grand-mère vit, non loin de chez moi. Elle n'est pas du tout autonome administrativement parlant. Faire les papiers, ça la dépasse complètement. J'ai donc fait son dossier APL, sa demande d'aide ménagère, on l'emmène chez le médecin... Elle a toute sa tête et en plutôt bonne santé, mais elle a eu l'habitude de vivre d'amour et d'eau fraîche (pour imager le truc), et du coup, elle n'a pas envie de se prendre la tête avec l'administration. Enfin voilà, moi c'était un peu forcé, car j'ai subi pas mal de changements en l'espace de 2 ans à peine.

    Bisous :)

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    1. Coucou ma julie.

      Je te remercie d'avoir partagé un petit instant de vie ici. Je suis très triste de voir ce par quoi tu es passée. Personne ne devrait mourir si jeune. Alors 2 personnes... je comprends que tu aies eu du mal à le digérer. :( ton grand-père par dessus tout ça. Ton passage à l'âge adulte à été très compliqué. Je te souhaite de vite retrouver un peu d'insouciance.

      Encore merci pour ta confiance, ce n'est pas évident de se livrer comme ça.

      A bientôt ma jolie ! Pleins de bisous !

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  2. Hello Justine !

    Merci pour cet excellent article, je trouve que tu nous a offert là une très belle réflexion sur le "passage à l'âge adulte", et que tu as su saisir les différents aspects de celui-ci.

    Personnellement, depuis que j'ai emménagé avec le Doudou cette année, je me sens encore plus adulte si on peut dire (et je suppose que ce sentiment sera encore plus renforcé lorsque j'aurai trouvé un emploi), mais honnêtement, ça n'a pas fait l'énorme différence à laquelle je m'attendais, et lorsque je regarde en arrière, je crois que c'est finalement parce que je suis en quelque sorte "grande" depuis assez longtemps.
    Plusieurs expériences plutôt douloureuses - je ne citerai ici que celle que j'ai en commun avec Julie, c'est-à-dire que la fin de mon collège et mon lycée ont été ponctués par une hécatombe, j'ai perdu plusieurs amis, et malheureusement bien plus que deux (au point que certains m'ont accusée d'être une mythomane et d'inventer des morts) - m'ont fait grandir un peu trop tôt et trop vite.
    Heureusement pour moi, je n'ai jamais souffert de cette obsession, de cette quête incessante de l'enfance perdue et non vécue comme a pu en souffrir quelqu'un comme Michael Jackson. J'ai en quelque sorte fait le deuil de mon enfance, même si aujourd'hui, j'essaye de me garder des moments où je suis une "grosse gamine" et je m'amuse pour un rien avec insouciance, comme une enfant. J'espère seulement que mes enfants ne subiront pas ce que j'ai vécu et qu'ils pourront profiter de ces années d'innocence et d'insouciance au maximum avant de grandir et d'accéder à une vie d'adulte faite de plus de responsabilité(s) mais aussi de liberté.

    Encore merci pour ce bel article.

    Bisous

    Shasha

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    1. Hello ma Charlotte!

      Pour commencer, je te remercie pour tes adorables compliments, ça me fait très plaisir, d'autant que c'était vraiment un article personnel!

      Quant à ce qu'il t'est arrivé, ça m'attriste beaucoup de voir que, comme Julie, tu as du traverser des épreuves pareilles. Je n'ai jamais été confronté à ce genre de choses, mais je ne peux qu'imaginer la douleur que ça a du être! Je n'ai pas non plus vraiment eu l'impression d'être une vraie enfant. J'ai toujours réfléchi comme une adulte, ne trouvant jamais ma place à l'école, avec les gens de mon âge. Maintenant, je peux enfin dire que je me sens bien. Et pourtant, se lancer dans la vie avec un vrai salaire et tout ce qui va avec, ça me fout encore la trouille! ;)

      Dis moi Charlotte, est ce que je peux te demander ce que tu fais dans la vie? Je n'arrive pas à bien comprendre si tes études sont finies ou non! Il me semble que tu fais la même chose que ce que mon copain faisait ( Travail dans des ONG, avec la CPI à la Haye) avant de se tourner vers une autre voie, d'où ma curiosité! J'ai en effet, indirectement vécu, la difficulté qu'il a eu pour trouver un premier job, qu'il n'a jamais vraiment trouvé, passant de stages rémunérés en stages non rémunérés. Si c'est la voie que tu as choisi, je te souhaite beaucoup de courage, je sais à quel point ça a pu être difficile pour lui! :/

      Bisous ma belle! et merci pour ta visite!

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